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Le letterpress n’imprime pas : il sculpte. Là où les procédés modernes déposent une encre lisse en surface, lui frappe la feuille avec une force telle que le motif s’incruste dans l’épaisseur du papier. Cette empreinte en creux, on l’appelle le débossage. C’est la signature d’une papeterie d’exception, celle que l’on garde, que l’on touche, que l’on transmet.
Le letterpress, une mémoire vivante de l’imprimerie
La technique remonte à Gutenberg et à ses caractères mobiles en plomb, qui dominèrent l’impression pendant cinq siècles. L’offset puis le numérique l’ont reléguée au rang de souvenir — jusqu’à sa renaissance. Aujourd’hui, le geste a changé d’outil mais gardé son âme : les casses de plomb ont cédé la place à des clichés en photopolymère, gravés en relief à partir d’un fichier vectoriel. Le reste demeure intact : une presse à platine, une forte pression, et ce léger creusement du papier que les typographes nommaient autrefois le foulage.
Ce qui fut longtemps considéré comme un défaut est devenu la raison d’être du procédé. On ne cherche plus la planéité parfaite : on recherche l’empreinte, l’ombre portée dans le creux, la preuve que la main et la machine sont passées par là.
Débossage, dorure, couleur sur tranche : l’art du letterpress
Le débossage peut se suffire à lui-même. Sans une goutte d’encre, un motif simplement creusé joue de la lumière et de l’ombre — c’est ce que l’on nomme le débossage à sec, d’une élégance silencieuse. Mais le letterpress sait aussi se parer : couleurs Pantone posées une à une, films de dorure à chaud pour un éclat métallique, et cette finition que nous affectionnons particulièrement, la couleur sur tranche, qui transforme la plus sobre des cartes en objet précieux.
Une impression letterpress en aplats, jamais en nuances
Il faut le dire clairement : on n’imprime pas une photographie en letterpress. Pas de quadrichromie, pas de dégradé, pas de trame. Chaque teinte est posée séparément, en aplat de 100 %, à partir d’un fichier entièrement vectorisé et d’une couleur choisie dans le nuancier Pantone Solid Uncoated. Cette contrainte n’est pas une limite : c’est ce qui donne au letterpress sa pureté de teinte et sa franchise graphique, impossibles à obtenir autrement.
Le choix du papier, condition de la réussite
On écarte d’emblée les papiers couchés, trop fermés pour accepter le creux. Le letterpress réclame des papiers de création, tendres et épais : les pâtes 100 % coton comme le Gmund Cotton ou le Colorplan de GF Smith, à partir de 300 g et jusqu’à 600 ou 900 g, offrent à l’empreinte toute sa profondeur. Plus le papier est épais et souple, plus le débossage se révèle franc — et plus l’envers reste vierge. Pour les cartes les plus généreuses, le contrecollage duplex assemble deux feuilles, ouvrant la voie aux tranches colorées et aux fortes épaisseurs.
Quand choisir le letterpress
Le letterpress excelle là où le geste compte autant que le message : invitations, faire-part, cartons de mariage, cartes de visite de prestige, papeterie de marque. C’est une technique de petite série, exigeante et lente — chaque couleur demande son cliché, chaque passage sa préparation. C’est précisément cette rareté qui en fait la valeur. Dans le packaging de luxe, le débossage trouve aussi sa place sur les couvercles, les cartes de garantie ou les notices glissées dans un coffret, où il prolonge l’émotion de l’ouverture.
Dans notre atelier français, le letterpress n’est jamais un effet plaqué : il dialogue avec le rembordage, la dorure et le façonnage, au sein d’objets pensés comme un tout. Sans minimum de commande, un prototype peut toujours précéder la série, pour valider la teinte, la profondeur du creux et le grain du papier.
Questions fréquentes sur le letterpress
Quelle est la différence entre débossage et embossage ?
Le débossage est un creux : on frappe le recto pour obtenir une empreinte en creux, sans incidence sur le verso. L’embossage, ou gaufrage, est un relief : on frappe le verso pour faire ressortir le motif au recto, ce qui marque inévitablement le dos.
Peut-on imprimer une photo en letterpress ?
Non. Le letterpress n’imprime ni quadrichromie, ni objets tramés, ni dégradés. Les couleurs sont posées une à une en 100 % de leur teinte, à partir de fichiers entièrement vectorisés, avec des Pantone du nuancier Solid Uncoated.
Quels papiers utilise-t-on pour le letterpress ?
On écarte les papiers couchés. Le letterpress demande des papiers de création, à l’aspect brut et suffisamment tendres pour accepter le débossage. Selon l’épaisseur, l’empreinte peut rester invisible sur la face opposée.
Le letterpress a-t-il un minimum de commande ?
Non. Nous travaillons sans minimum de commande et le prototypage est disponible. Cette technique de petite série se prête naturellement aux tirages confidentiels comme aux pièces uniques.
Pour aller plus loin
- → La dorure à chaud : l’éclat des films métalliques
- → Le gaufrage : le relief qui se lit du bout des doigts
- → La matièrothèque : nos papiers de création
- → Parlons de votre projet
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